Une rencontre avec Vincent Chaillet

Pour lancer cette série de rencontres, nous avons échangé avec Vincent Chaillet, une figure aussi polyvalente que passionnée de la danse. Il découvre la discipline à 6 ans en suivant sa mère choriste en Moselle, il intègre à 18 ans le corps de ballet de l’Opéra de Paris, où il se distingue rapidement avec des…


Pour lancer cette série de rencontres, nous avons échangé avec Vincent Chaillet, une figure aussi polyvalente que passionnée de la danse. Il découvre la discipline à 6 ans en suivant sa mère choriste en Moselle, il intègre à 18 ans le corps de ballet de l’Opéra de Paris, où il se distingue rapidement avec des débuts intenses comme ce remplacement au pied levé dans Le Lac des Cygnes qui lui révèle l’exigence du métier. Promu Premier Danseur en 2009, il marque les scènes par son interprétation de rôles aussi variés comme dans les créations de Pina Bausch. Aujourd’hui, il transmet son art avec la même exigence, tout en co-dirigeant le Festival Castel Artès en Ariège, un projet pluridisciplinaire né de sa volonté de ‘créer des connexions’ entre la danse, le public et l’émotion pure. Lancement d’une rencontre avec …

1 : Qu’est-ce qui vous a inspiré à vous lancer dans la danse classique ? Avez-vous eu un déclic, une rencontre ou un spectacle qui a marqué le début de votre parcours ? À quel âge avez-vous débuté ?

« Avant de découvrir la danse classique à l’âge de 6 ans j’ai d’abord été fasciné par le monde du spectacle, de la musique et de la chanson. Les week-ends, je suivais ma mère qui faisait partie d’une chorale en Moselle, et j’ai tout de suite aimé l’ambiance des répétitions, des concerts, des mises en scène et des chorégraphies de groupe. À mon entrée au CP j’ai intégré une école à horaires aménagés avec le Conservatoire de Metz, où j’ai appris le solfège, le piano et un peu de clarinette. Et j’ai demandé à faire de la danse en activité extra-scolaire. Mes parents m’ont d’abord emmené voir un cours de jazz mais à l’époque ça ne m’a pas plu du tout et j’ai rétorqué que je voulais faire de la « vraie » danse. Puis une première école de classique d’où je suis parti en courant en voyant l’ambiance à la barre, avant de découvrir le cours de Sylvie Arz, où l’apprentissage était ludique, joyeux et passionnant. Rapidement c’est devenu comme une seconde maison, je prenais de plus en plus de cours et après quelques années formidables je suis entré en internat à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris à l’âge de 11 ans.« 

2 : Comment avez-vous vécu votre intégration dans le corps de Ballet de l’Opéra de Paris à 18 ans, une institution aussi prestigieuse qu’exigeante ? Quels ont été les défis et les joies de vos premières années au sein de la compagnie ?

« Bien sûr j’étais fier et heureux de rejoindre la compagnie, mais émotionnellement parlant ce n’était pas évident. Certains de mes amis de longue date n’avaient pas réussi le concours d’entrée, et il m’a fallu du temps pour trouver ma place. Les débuts ont été un peu laborieux, j’ai dû remplacer au pied levé dans le Lac des Cygnes et là j’ai pris conscience que le métier de danseur n’avait rien à voir avec tout ce que je croyais avoir appris jusque là… Alors je me suis remis au travail, et quelques mois plus tard j’ai commencé à être repéré par certains chorégraphes invités qui me confièrent des petits rôles. J’ai retrouvé le plaisir de la scène et l’envie de danser, de travailler toujours plus, et j’ai aussi compris que je devais cesser d’être simplement bon élève, qu’il fallait que j’existe avant tout en tant qu’artiste au sein de l’institution.« 

3 : 8 ans après, vous êtes promu premier danseur. Pouvez-vous nous décrire le chemin qui vous y a mené ? Y a-t-il eu un rôle ou une performance qui a été déterminante pour cette reconnaissance ?

« J’ai eu la chance d’avoir un parcours extrêmement varié dès le départ. J’alternais régulièrement entre des pièces contemporaines, du grand répertoire classique et beaucoup de créations. Je crois que c’est la somme des rencontres, des chorégraphes aux professeurs, des maîtres de ballet aux collègues danseurs, de ma directrice de l’époque bien sûr, qui m’a permis d’avancer et de croire un peu plus sérieusement en mon potentiel. Les Étoiles étaient intouchables, du moins c’est ce que je ressentais, mais la régularité du travail quotidien et les rôles qui devenaient de plus en plus importants, cette forme de folie qui ne peut s’exprimer qu’en scène, et les retours du public m’ont permis de prendre confiance et d’assumer ma nouvelle position de soliste. II n’y a pas vraiment eu de rôle déterminant, mais il a fallu passer chaque année par le fameux concours de promotion. L’année de ma promotion je n’étais pas hyper favori, et puis un de mes collègues s’est blessé, libérant une place. J’ai su que ce serait peut-être ma seule chance de devenir soliste et que je ne pouvais pas la laisser passer. Pour la première fois lors d’un concours, je n’ai pas eu peur ce jour là. J’étais serein et j’ai pris beaucoup de plaisir sur le plateau. Il y avait deux postes à pourvoir et j’ai décroché la deuxième place…« 

4 : Parmi les rôles que vous avez interprétés à l’Opéra de Paris, lequel vous a le plus marqué, artistiquement ou personnellement ? Pourquoi ce rôle reste-t-il important pour vous ?

«  Il y en a eu tellement! Bien sûr j’ai dansé les princes et les premiers rôles, mais au final ce n’étaient pas mes personnages préférés. Je préférais jouer les méchants, les machiavéliques, ou les jaloux énervés, qui sont généralement des seconds rôles, parfois de caractère. Par exemple je me suis énormément amusé à interpréter le personnage de Lacenaire dans l’adaptation en ballet des Enfants du Paradis de José Martinez. En fait j’aimais le théâtre, devenir quelqu’un d’autre, prétentieux ou agressif, désespéré ou ridicule, moi qui suis plutôt calme et discret dans la vraie vie…

Et puis bien sûr il y eu de grandes émotions avec le répertoire contemporain, les ballets de Pina Bausch, Roméo dans le Roméo & Juliette de Sasha Waltz, l’énergie incroyable et les personnages sombres et déjantés de Mats Ek, la poésie de Kylian, le génie de Forsythe dont j’ai dansé tellement de ballets et qui m’avait confié le magnifique duo Of Any If And… « 

Vincent dans le rôle de Lacenaire dans Les enfants du Paradis de José Martinez

5 : Quels étaient les défis et les satisfactions de votre quotidien en tant que premier danseur ? Comment gériez-vous la pression, les répétitions et la recherche de l’excellence ?

«  Le défi principal, pour moi, c’était d’être à la hauteur. À la fois de mes partenaires de talent, de l’exigence des équipes artistiques, mais surtout vis à vis du public. Chaque nouveau rôle était un nouveau défi à relever, repartir de zéro, avoir l’humilité d’écouter, accepter de faire confiance, continuer à apprendre chaque jour, rien n’est jamais gagné dans ce métier. Chaque matin on se retrouve face à soi même. Avec ses douleurs, ses blessures et ses limites, avec tellement d’autres gens talentueux autour! II faut garder le cap. Et puis il y a la scène et la joie d’être allé au bout, d’avoir vécu un instant suspendu, intense, qui n’existe pas pour de vrai, d’avoir partagé des émotions immenses, à travers la force du groupe parfois ou l’abandon d’un pas de deux, et avant tout avec le public. C’est une chance immense de connaître ça. 

Je me mettais beaucoup de pression, et c’est toujours le cas d’ailleurs. Certainement ce qui a été le plus compliqué à gérer pour moi sur la durée. On ne parlait pas vraiment de préparation mentale à l’époque, alors je me battais un peu avec moi-même certains soirs, mais ça fait aussi partie du métier, d’apprendre à se dépasser et à laisser ses doutes en coulisses.« 

6 : L’Opéra de Paris est un bastion de la tradition, mais la danse classique évolue aussi. Comment avez-vous vécu cette tension entre respect du répertoire classique et exploration de nouvelles approches chorégraphiques ?

 » J’ai un respect immense pour le grand répertoire et la tradition, mais j’aurais été malheureux si je n’avais fait que ça, et j’étais toujours partant pour tester d’autres pistes de réflexion, ce que j’ai fait également en-dehors de l’Opéra en travaillant notamment avec Noé Soulier sur différentes expériences performatives autour du vocabulaire de la danse classique.

Pour ce qui est des grands ballets, la technique a tellement évolué de génération en génération qu’il est évident qu’on ne les danse plus de la même façon aujourd’hui qu’à leur création, mais ce qui est primordial à mes yeux, et c’est là que je parle de tradition, c’est le style, la musicalité, l’esprit, mais surtout l’émotion! C’est en cela qu’il faut être le plus proche possible de la vision des créateurs. Lorsqu’un grand chorégraphe disparaît, on ne peut plus toucher à ses œuvres ni les faire évoluer. Donc ses ballets sont gravés dans la pierre et vieillissent souvent mal.  Alors que tout chorégraphe vivant continue de modifier et d’adapter ses pièces au fil de son existence, en lien avec son époque. Mais il y a parfois des relectures qui ne fonctionnent pas du tout, des partis pris trop complexes, tout comme de grandes réussites, par exemple j’ai adoré la nouvelle version de Coppélia créé par Alexei Ratmansky à la Scala de Milan il y a 2 ou 3, juste équilibre de tradition et de modernité dans le jeu et la technique.

Évidemment il faut mener une réflexion sur la façon de traiter les livrets du 19e siècle mais il ne faut pas dramatiser et oublier qu’un grand ballet est avant tout un grand divertissement, qu’il faut recontextualiser, et bien sûr on peut raconter la même histoire qu’il y a 150 ans en étant beaucoup plus modernes dans le jeu de scène, tout en gardant l’esprit de départ et en utilisant tout l’éclat technique de la nouvelle génération.

En revanche, il y a vraiment quelque chose qui me dérange et me questionne aujourd’hui quand je vois certains extraits présentés dans des galas ou des concours, de même que la surenchère technique à laquelle on assiste sur les réseaux sociaux par exemple. Pour moi, hors contexte, le classique ne fonctionne pas bien et peut vite sombrer dans le ridicule. La danse classique a besoin d’excellence pour exister, mais la prouesse technique de sauts toujours plus incroyables et de pirouettes en nombre improbable sans l’émotion du contexte initial ne veut rien dire pour moi. C’est très impressionnant physiquement mais je voudrais voir aussi de la danse, une qualité de mouvement, un sentiment dans les regards, ressentir une émotion par la musicalité, là oui on peut parler d’évolution quand tout cela est combiné à la grande technique. Attention, il s’agit ici d’une réflexion uniquement sur le pur contexte balletique, ou disons académique, que l’on appelle plus globalement classique, et bien sûr j’ai adoré danser et j’aime encore découvrir  les pièces des chorégraphes qui utilisent le vocabulaire classique pour aller bien plus loin dans l’abstraction, la recherche du mouvement, et qui parviennent à créer leur propre style ou leur propre langage! Évidemment on peut trouver là plus de liberté, de fluidité ou parfois de relâchement, en tout cas une autre forme de plaisir, mais très souvent on danse mieux classique quand on y revient par la suite, en ayant traversé de nouvelles formes d’écriture par le biais de ces chorégraphes, et on voit bien que la frontière est mince, et que le classique aussi se nourrit de cette recherche et de ces expériences même parfois extrêmes!… « 

7 : Pouvez-vous nous partager une anecdote drôle, inattendue ou émouvante vécue en coulisses ou sur scène à l’Opéra de Paris ?

 » Ma plus grosse chute peut-être? Je venais tout juste d’être promu Premier Danseur et je dansais Triade de Benjamin Millepied à Garnier avec la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot. C’était la deuxième représentation, nous étions au milieu du pas de deux et tout se passait bien jusqu’à ce que l’on s’élance pour un slide où je devais la faire glisser sur pointe en diagonale jusqu’en bas du plateau. Tout s’enchaine bien, on prend de la vitesse et alors que le mouvement est déjà en route, Marie-Agnès suspendue à mes bras par les épaules, je trébuche et je perds l’équilibre et le contrôle de Marie-Agnès qui se retrouve les fesses par terre et moi allongé par-dessus à l’avant-scène. Ça m’a paru durer une éternité, le genre de chute en déséquilibre qui semble ne jamais s’arrêter. Petit moment de stupeur, on se relève comme on peut, on termine le duo et on se retrouve en coulisses. Complètement catastrophé je me confonds en excuses et m’assure que Marie-Agnès ne s’est pas fait mal. Alors elle éclate de rire et me dit : « T’inquiète on va faire un tabac, les gens adorent nous voir tomber! ». Elle avait vu juste : nous n’avons jamais été autant applaudi de toute la série que ce soir-là! « 

8 : Après une carrière aussi intense, comment avez-vous vécu la transition vers une nouvelle étape de votre vie professionnelle ? Quels sont vos projets actuels, qu’ils soient liés à la danse ou à d’autres passions ?
Pouvez-vous nous parler du Festival qui débute dans quelques jours à Mirepoix ?

« Disons que c’est une transition que j’ai choisie, donc je n’ai pas subi le couperet de la retraite obligatoire à 42 ans pour les danseurs de l’Opéra de Paris. Depuis toujours il me paraissait évident que j’allais continuer mes activités au-delà, et j’avais parfois hâte que ce moment arrive pour découvrir autre chose. Et puis je me suis dit que c’était à moi de décider quand cela devrait se produire, alors à 34 ans j’ai posé un congé sans solde d’une saison pour voir comment j’allais naviguer en-dehors du cadre de la compagnie. J’avais envie de travailler différemment, de rencontrer d’autres gens, dans d’autres théâtres, de voyager pour mon métier, de pouvoir gérer mon emploi du temps et surtout de ne plus être que danseur. Je voulais aussi enseigner d’avantage, aider les autres à avancer, et monter mes propres projets. J’ai vécu une année passionnante, pleine de nouveaux challenges, et lorsque j’ai réintégré la compagnie, la période du Covid est arrivée. J’ai eu le temps de me poser beaucoup de questions, de faire le point sur ma situation, et une fois que les théâtres ont rouvert et que nous avons pu reprendre les spectacles, j’ai senti que j’avais fait le tour de la question, que ma place était ailleurs désormais et qu’il fallait que je parte pour de bon. Je n’ai prévenu personne et j’ai démissionné discrètement à la fin de la saison suivante parce que je ne voulais pas mettre en lumière mon départ et que j’étais déjà passé à autre chose depuis plusieurs mois.

Depuis j’enchaîne les projets en tant qu’artiste indépendant et je compile plusieurs métiers : je danse encore de temps en temps (mais on s’approche gentiment de la fin quand même!), je suis régulièrement invité en tant que professeur ou maître de ballet dans les différents ballets nationaux ou d’autres compagnies internationales, je chorégraphie les productions d’opéra mises en scène par Romain Gilbert un peu partout depuis 3 ans (la saison prochaine nous reprenons Carmen à la Fenice de Venise et nous préparons une nouvelle production pour la rentrée 27 à Paris mais je ne peux pas encore en dire plus…), et je suis également directeur artistique du Festival Castel Artès que j’ai fondé avec Edwin Crossley-Mercer à Mirepoix en Ariège. 

C’est un festival pluridisciplinaire dont nous fêtons la sixième édition ce été et qui démarre dans quelques jours, vendredi 24 juillet! On y retrouve de la danse bien sûr, mais aussi de l’opéra, des concerts classiques, une exposition, des conférences ou lectures, et en parallèle une Académie pour jeunes chanteurs et bientôt peut-être jeunes chorégraphes! L’ambiance est détendue et familiale mais la programmation est vraiment de belle qualité, de grands artistes nous font confiance et permettent à un large public de découvrir un monde du spectacle souvent cantonné aux grands théâtres et aux scènes nationales. Nous jouons en extérieur aussi bien que dans la cathédrale de Mirepoix, dans des châteaux ou petites églises, des jardins, ainsi que sous la Halle du marché pour des événements gratuits et ouverts à tous. Il faut tout reconstruire chaque été, c’est un grand défi logistique dans ces lieux qui ne sont souvent pas conçus pour de telles manifestations, mais les liens que nous avons tissés en seulement 6 ans avec le public, les équipes de bénévoles, nos partenaires publics et privés nous poussent à persévérer dans cette petite folie… « 

9 : Vous êtes impliqué dans l’enseignement ou le coaching, quelle est votre approche pour transmettre votre savoir aux jeunes danseurs ? Quels conseils leur donneriez-vous pour réussir dans ce milieu exigeant ?

« J’ai passé mon Diplôme d’Etat au tout début de ma carrière de danseur, à 22 ans, et j’ai très vite aimé enseigner. Il s’agit surtout de bien savoir à quel public on s’adresse, mais quelque soit le niveau je fais le maximum pour m’adapter aux possibilités de chacun et j’essaye de faire exister tout le monde au sein d’un cours de danse. Je reste exigeant je crois, un peu obsédé par la musicalité, mais bienveillant et dynamique ; c’est passionnant de voir un jeune comprendre quelque chose, avoir un déclic, j’espère que j’ai pu aider au maximum tous ceux avec qui j’ai travaillé jusqu’ici… Quoi qu’il en soit, il faut veiller à ne pas parler que de technique, mais toujours rappeler ce qu’est la danse, pourquoi un pas porte tel nom, et toujours relier l’apprentissage aux émotions à transmettre et à la scène, qui est l’aboutissement naturel de tout ce travail. Je vois trop de jeunes qui savent déjà exécuter des variations du répertoire mais savent à peine de quel acte ou de quel ballet elles sont extraites, et connaissent à peine l’histoire… Donc encore une fois : contexte!

Le seul bon conseil que je pourrais donner je pense c’est de rester en accord avec soi-même, et de toujours se rappeler pourquoi on danse. Le métier de danseur n’est pas merveilleux tous les jours, et au fil des ans on oublie parfois l’essence même de notre passion, ce qui nous faisait tant rêver enfant, un plaisir et une joie pure. Persévérer, travailler, mais aussi regarder les autres, avoir soif d’apprendre chaque jour, et puis être reconnaissant, toujours, de ceux qui vous accompagnent au quotidien, même quand ça ne fonctionne pas toujours comme on l’aurait voulu, car c’est une grande chance de pouvoir vivre de son art, et ce n’est vraiment pas donné à tout le monde! « 

10 : Si vous deviez résumer ce que la danse a apporté à votre vie en un mot ou une émotion, ce serait lequel/laquelle ?

Un seul mot? C’est si court! Alors sans doute le mot « connexions », au pluriel, parce que danser m’a permis d’être connecté avec moi-même, avec mon corps, mon esprit, mais aussi avec mes partenaires, le public, le monde de la danse comme une grande famille, et avec quelque chose d’indescriptible, comme une force qui nous dépasse et suspens le temps pendant un spectacle, faisant de la scène un moment à part, presque sacré, où la vie quotidienne et tout le reste n’ont aucune importance.


Photographies : Julien Benhamou


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